Quelques jours après le congrès du CNOSF, qui a réuni 82 fédérations dont 34 olympiques (sur 36) et 65 CROS et CDOS, participation illustrative de la mobilisation et des enjeux actuels, le CNOSF a tenu, mardi 4 septembre 2018, une conférence de presse consacrée à la question du financement du sport français.En présence de nombreux présidents de fédérations et de Parlementaires, au nombre desquels, Marie-George Buffet, ancienne ministre des Sports à l'origine notamment de la taxe éponyme qui permet l'expression de la solidarité entre sports amateur et professionnel, Denis Masseglia a affirmé que « Le sport peut et doit se financer».


Le sport peut et doit se financer.
Denis Masseglia

 

Estimant que « le financement est illustratif de l’importance d’un secteur d’activité dans l’économie de la nation, mais aussi du reflet de la considération qu’on lui porte », le président du CNOSF a d'abord introduit une étude commandée au Centre de droit et d'économie du sport de Limoges intitulée « les effets du mouvement sportif sur la société française et son économie ». Au regard du poids du mouvement sportif amateur et du sport professionnel, ainsi que de la consommation des licenciés, l'étude estime que le mouvement sportif français pèse 11,69 milliards d'euros, hors valorisation de la ressource humaine bénévole, appréciée dans une fourchette située entre 5 et 10 milliards d'euros.

 

 

Avec les droits télévision, les retombées des événements sportifs, les salaires des athlètes, les paris sportifs et une pratique qui « explose tous azimuts » pour Denis Masseglia, force est de constater que « l’économie du sport a changé au même titre que la société a évolué ». Et pourtant, le manque de retour sur investissement interroge et inquiète : « La base sportive, clubs et bénévoles, doivent-ils être les oubliés de cette croissance ? Non, bien sûr, parce que sans eux, pas de champions, pas d’équipe de France mais aussi pas de lien social ou d’éducation par le sport. ».

 

LE SPORT COMPTE !

 

Le président du CNOSF l'affirme, au vu des évolutions récentes : « ce qui n’était pas possible il y a quelques années l’est aujourd’hui : le sport peut et doit financer le sport (...) la base sportive a besoin de reconnaissance et de considération à un moment où elle est en plein désarroi alors que le Sport ne s’est jamais aussi bien porté [et] de moyens pour continuer sa mission, celle de former des Hommes, des Femmes et des Citoyens, celle de permettre à chacun de s’épanouir à tous les âges de la vie ».

En ce sens, Denis Masseglia s'est fait l'écho des préoccupations de l'ensemble des acteurs de terrain du sport en France en demandant à ce que les taxes affectées au sport soient déplafonnées. Les 385 millions d'euros que cela représenterait en 2018 permettraient, dans le cadre de la nouvelle gouvernance partagée du sport, qui fait désormais consensus entre les parties prenantes (État, collectivités territoriales, mouvement sportif et monde économique), d'assurer aux clubs et à ses dirigeants, les moyens de leurs actions, au bénéfice de tous.